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  • Aurélie Peters

Je suis nue

Updated: Feb 14

En ce moment, je me sens novice, en tout. Je me sens nue face à la vie. Comme si je venais de renaître, et je ne savais pas encore très bien qui est mon nouveau moi et prendre confiance à l’être. Alors de temps en temps, je me fâche et je me dis « mais enfin, tu as 32 ans, tu devrais savoir qui tu es ! tu l’as su pendant tellement d’années ! Qu’est-ce qui a changé ? »



Ce qui a changé, c’est moi. Je ne suis plus la même. Ou soit, je me suis déshabillée de tous les masques accumulés et me revoilà nu…


En train d’absolument chercher dans le noir, les premiers vêtements sous la main pour me couvrir à nouveau d’une identité. Au moins une identité. Car une identité, ça nous permet de nous définir face au monde, aux autres et du coup garder un certain contrôle. Car en pouvant nous définir, on peut se justifier de nos comportements. Et là, je ne sais rien justifier. Pour la première fois "je suis" ; à poil, certes, mais "je suis"

Photo de Инна Микитась sur pexels


Ce qui est intriguant de constater quand on est à poil, c’est qu’en étant confronté à votre ancienne vie, vous voyez qu’il y a un shift. Ce seraient les personnes que vous connaissiez le mieux, qui, face à votre nudité, votre nouvelle essence, ne chercheraient pas à vous définir, mais à vous voir réellement… et non… je suis confronté à leur désir aveugle de revoir celle habillée. Ils ont besoin de justifier pourquoi vous êtes à poil et que cette nudité est le résultat de votre bagage.


Ce sont bizarrement les nouveaux arrivants, face à mon cul nu exposé, qui m’offrent une veste, un café chaud et me tendent l’oreille pour voir au-delà de l’apparence. Et à la fin du partage, je demande «et toi ? T'es à poil comment ?».


Je retrouve en face de moi, assis, un miroir de personnes ayant vécus les mêmes questionnements et doutes. Comme si je me retrouvais dans une station de naufragés et on se retrouve tous à un même endroit issu du même bateau : celui de la vie où on a porté des masques qu’on ne voulait plus porter.


Nous nous confrontons avec amour en montrant nos cicatrices, nos hémorroïdes, et que malgré la laideur de certains auto-infligés, on s’aime en étant la belle et la bête en une même personne.

Photo de Taryn Elliott sur pexels

La pureté, c’est être nu face à la vie. En étant nu, on ne peut pas mentir – ni à soi-même, ni aux autres. C’est de vous voir réellement, telle que vous êtes, sans vous juger. Il n’y a rien à défendre car il n’y a rien à protéger. La pureté, ce n’est pas votre chasteté, votre checklist de « good deeds», votre capacité à sourire à tout le monde.


La pureté, c’est se retrouver face à sa propre innocence même en étant adulte.


Il y a des partages qu’une fois avaient du sens, et aujourd’hui elles en prennent un autre. Il y a une absurdité qui vous confronte. C’est comme si la résonance de cette ancienne vie, sonne faux face à cette nouvelle fenêtre qui s’est ouverte.


Change-t-on vraiment ? Je crois plutôt que nous nous habillons et dépouillons continuellement de vieilles et nouvelles croyances.


Être non influençable, est extrêmement compliqué. Ce serait la liberté absolue, mais ce n’est pas chose facile. Parce que cela demande votre extrême présence en continu.


Par contre, la liberté c’est aussi parfois faire confiance aux influences des autres sur nous… je parle de la bonne influence. Celle qui vous fait réaliser, que leur présence, vous a transformé en une meilleure personne. Et que dans ces cas, votre extrême présence n’est pas continuellement nécessaire car il y a la confiance.


Aujourd’hui, je désire, en mon 33ème anniversaire, remercier toutes les personnes qui m’ont accueilli nue dans leur vie et m’ont offert un plaid et de la résilience.

Photo de Oliver Sjöström sur pexels


Je désire les remercier à m’avoir donné un terrain fertile pour devenir une meilleure personne.


Et non pour les raisons citées ci-dessus : la qualité de ma chasteté, ma checklist de «good deeds», ma capacité à sourire même quand ça m’emmerde profondément. Si on basait ma pureté sur ceci, je crains que je ferais parties des eaux troubles.


Dans mon expérience, je parle de la pureté dans l’honnêteté, de m’aimer dans mes multiples facettes. Comme un diamant, où certaines faces brillent grâce à la profondeur obscure des autres. Que je peux que briller en laissant vivre et être mon côté noir. Et que je ne dois pas toujours chercher à les justifier. Qu’ils soient très bien à juste « être », oui comme ça, simplement, sans raison (chiant, en colère, frustrée, peu importe l’émotion) …


Et que les personnes, qui ne cherchent ni à justifier, ni à chercher la source de mes maux, sont ceux qui m’apportent la légèreté en souriant, et m’apprennent à regarder la vie pas comme un bagage que je porte, mais comme quelque chose que je commence nue chaque matin.


Alors oui, en ce moment je me lève angoissée comme si j’avais tout perdu. Mais bientôt, je m’habituerai et prendrai confiance. Je vous regarderai droit dans les yeux avec une nouvelle joie de vivre. Pas celle forcée pleine de rêves et d’illusions d’un futur qui pourrait me sauver de mon présent. Mais la joie de vivre d’être simplement en VIE, ici et maintenant, dans le présent. Et que même les crises d’angoisses sont un don qui vous rappellent que VOUS VIVEZ intensément, maintenant.


Alors oui, j’attends que mes pieds nus tout manucurés qui font « aille, ouille » font pousser de la peau dure afin que je puisse courir sauvagement dans ma nouvelle savane.


Je suis heureuse aujourd’hui, en mon anniversaire, de vous exposer l’Art de ma nudité.


Merci à toutes ces belles personnes que je porte dans mon cœur et avec qui j’entame ce nouveau voyage.


Simplement, Merci.




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