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  • Aurélie Peters

Le surfeur émotif - un témoin divin

Vous avez pu remarquer que je parle beaucoup sur le fait d’être, de voyage, de changement, de vacuité et que le voyage d’Aurélie est plus un voyage interne, qu’externe.


Parfois quand j’écris, je me pose la question si je devrais partager avec vous mes pensées, mes expériences et émotions face à la vie. Je me demande aussi s’il n’y a pas une part de recherche de validation ou d’exhibitionnisme. Peut-être…


Après quelques réflexions, je réalise que je recherche le partage, retrouver ceux qui sont prêts à accepter de se sentir comme moi. Et à prendre la route vers une nouvelle façon de voir la vie.


Je ne suis pas unique. Les émotions que je vis, des millions de personnes les ont déjà ressentis et vécus avant moi.


Pourquoi l’écriture ? J’écris depuis l’âge de 12 ans. Ce fut ma façon de pouvoir m’exprimer avec le monde, avec moi-même vu que je fus incomprise dans mes ressentis depuis mon plus jeune âge. J’aimerais vous expliquer mon histoire, mais mon vécu ne définit pas qui je suis. Il m’a certainement formé. Mais il n’est pas le résultat de qui je suis. Car le désir qui m’a poussé à écrire à l’âge de 12 ans, ne fut pas l’expérience de ce que j’avais vécu depuis ma naissance à cet âge-là.


C’est un outil qu’on m’a offert pour affronter la vie plus tard.


Le talent ça se crée, ça se forme, ça se pratique. On est tous débutants à un moment donné. Et aujourd’hui, malgré que ça fait 21 ans que j’écris dans des journaux intimes, je ne peux me prétendre écrivaine. Et vous verrez que la qualité de mon écriture n’est pas vérifiée par un expert et retient pleins d’erreurs (orthographe ou grammaire).


Je n’écris pas pour l’excellence, j’écris pour partager. J’écris parce que c’est un outil de clairvoyance, qui permet de prendre de la distance sur la vie. Et surtout il me permet de mettre en lumière les histoires (croyances) qu'on se raconte... et ceux qu'on porte avec nous mais qui ne sont pas à nous...


L’écriture fut mon plus grand ami et conseiller. Il m’a toujours tendu l’oreille sans jugement. Il fut un exutoire. 488 journaux intimes jusqu’à présent. Qui contiennent quoi ? Ma vie ? Des récits ? Des moments ? Comment j’ai passé ma journée ?


Non, la majorité des pages sont répétitives et ennuyantes. Elles sont majoritairement l’expression de mes émotions face à la vie ou à une situation.


Je réalise que la beauté de ma vie n’est pas l’ensemble des expériences que j’ai vécu, c’est ma façon de réagir à ces évènements. Ma vie est une accumulation d’évènements et de moments qui sont chargés d’émotions.


Alors clairement, je fais partie de la catégorie des extrêmes sensibles… Une émotion “normale” est décuplée chez moi. Elle est tellement forte que j’en perds le discernement et la rationalité. Je la ressens au point où les mots n’ont plus d’importance. C’est un autre langage… celui des émotions.



Alors ce monde est beau car il est rempli de différences. Il y a les rationnels, les émotionnels, les colériques, les illuminés, les intellos, les imbéciles, etc. Et ce qui est intéressant c’est qu’il y a toutes sortes de croyances et de jugements ou morales associés à ces différences. Et souvent est classé dans le « négatif » ou « anormal » ce qu’on ne peut expliquer avec les mots.

Et « positif » ou « normal », ce qui est explicable avec les mots.


Je pense que ma plus grande souffrance (et celle de tant d’autres êtres humains) sur cette terre est d’être incomprise et que mes émotions sont inexplicables.


Et certainement, ce que j’ai recherché à travers l’écriture, ce fut de pouvoir expliquer mes émotions… afin de pouvoir les expliquer aux autres. Et pour tout vous dire… je n’ai jamais réussi à le faire – enfin, jamais complètement. Par contre, j’ai pu comprendre les évènements qui les déclenchaient.


Nous, les êtres humains, nous voulons tout définir et nommer. Il fut un temps où le magique et l’inexplicable était autorisé et admiré car il faisait partie de l’ordre du divin. Depuis que l’homme a oublié ou renié la religion, la science a repris la main en voulant tout expliquer et rationaliser. Depuis, l’inexplicable fait partie de l’anormal.


Bref, je pense que je n’ai jamais vu en l’espace de 20 ans, le nombre de « disorders » naître. On a un nom à tout aujourd’hui. Pour toute émotion excessive, hup, on y colle un nom/émotion avec « disorder » derrière.


Disorder = en dehors de l’ordre commun.


Le problème à coller des noms à toutes nos émotions excessives, c’est qu’on crée une réelle séparation entre nous et l’autre. Car en étant dans ce « disorder », nous croyons ne pas avoir de valeur à connecter avec l’autre – car si celui-ci ne peut pas nous comprendre, il ne peut par conséquence, ne pas nous aimer pour ce que nous sommes.



Cette solitude et honte associée à ces émotions qu’on ne pourra jamais expliquer avec des mots simples et concrets, crée un gap de plus en plus grand entre chacun de nous. Et donc la séparation devient réellement importante dans notre société.


La compassion n’est pas de comprendre ce que l’autre vit. C’est être dans sa propre lumière afin d’inspirer l’autre à rentrer dans la sienne. (Con passione = Compassion)


S’il y a une chose que je peux vous dire, c’est que vous n’êtes pas uniques, et que les émotions que vous vivez, des millions de personnes les ont déjà vécus. Et que la solitude que vous ressentez, c’est la société qui l’a créé à force de vouloir tout nommer. Car nous n’avons pas besoin d’être compris. Nous avons besoin d’être soutenus.


A 12 ans, mes parents ne comprenaient pas ce que je ressentais. Et comme ce fut inexplicable, ils partaient en panique. Leur panique m’a fait sentir comme si j’avais un problème incurable et a explosé mon angoisse qui a seulement intensifié ce que je vivais dans ce temps-là. Leur incompréhension face à mes émotions a créé une réelle distance émotionnelle entre eux et moi.


En aucun cas je leur en veux pour cela. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les outils qu’ils disposaient dans ce temps-là, l’éducation qu’ils ont reçue et la société dans laquelle ils ont grandi avec les croyances associées.


Mais ça n’a pas changé, que moi je l’ai très mal vécu. Car s’ils n’auraient pas passé en mode panique, ni ressenti de la honte, mais simplement étés « présents », cela aurait suffi pour calmer l’explosion d’émotions.


Pourquoi avons-nous besoin de tout savoir expliquer ? Pourquoi passons-nous en mode panique si nous ne pouvons pas être le héros de quelqu’un ? Pourquoi avons-nous besoin de comprendre absolument l’autre ? La vraie guérison se passe qu’à l’intérieur de quelqu’un par votre simple présence. Montrer que vous êtes là, malgré tout…


Être simplement témoins dans le vécu de quelqu’un, suffit à cette personne de trouver sa propre lumière sur son chemin.


Et cette lumière fut pour moi l’écriture et l’art. Car jusqu’à présent, je n’ai pas rencontré beaucoup de personnes qui voulaient être simplement témoins de ce que je vivais. L’inconfort de ne pas pouvoir me donner de réponse, de ne pas pouvoir me comprendre, de ne pas pouvoir me sauver, fut trop intense et confrontant.


A la fin, quand vous êtes mal, les gens en font une affaire personnelle car ne pas savoir vous aider, en dit « soi-disant » beaucoup sur leur valeur. Car si c’est explicable, ils peuvent vous donner des clés, être le héros pour un bref instant et leur égo est content.


L’aide et la présence à l’autre n’a rien avoir avec soi. Aimer l’autre n’a rien à voir avec « comprendre l’autre ». Aimer, c’est simplement être présent. Et aimer l’autre pour ce qu’il est, est le plus beau cadeau (présent) que vous pouvez lui offrir.


Alors oui, j’ai quitté beaucoup de personnes qui ont voulu faire bien, car on leur a appris, que c’est ainsi que cela se faisait. Mais j’ai appris, à choisir les personnes qui ne cherchent pas à me sauver par propre intérêt personnel, ou à me définir, mais qui me voient pour ce que je suis et me laissent être, car c’est ainsi qu’ils m’aiment.


Depuis 2020, j’ai été récompensée par une amitié extraordinaire. Une femme de cœur et avec un ressenti très similaire au mien. Elle m’a permis de voir le souci de l’aide à l’autre. Elle ne cherchait pas à expliquer mes problèmes, elle validait simplement mes émotions, même si elle ne les comprenait pas. Et il ne lui fallait pas les comprendre pour pouvoir m’aider en étant simplement là.


Sa façon d’être un témoin dans ma vie, m’a rendue plus humaine, compréhensive et résiliante. J’ai compris, que ça ne deviendra pas plus facile, mais qu’ensemble, c’est plus doux et réconfortant. Et que depuis, l’ampleur de mes émotions se sont calmées – inexplicablement.


Je vous dirai que les plus grands artistes de ce monde, sont les plus émotifs. Les artistes nous émeuvent car ils ont le courage d’affronter l’ampleur et l’exponentiel de leurs émotions. Ils ont trouvé un langage pour les partager. Et c’est pour ça que voir une exposition, nous touche profondément, et inexplicablement. C’est de l’ordre du divin, de l’inexplicable.


Ne chercher pas à tout expliquer, soyez simplement témoin. Témoin de vos propres émotions, de votre vie, et de celle des autres. Le présent est un cadeau. La parole est un outil… mais également l’est le silence.


Vous savez la vraie aventure dans la vie, n’est pas ce que vous avez vécu, mais comment vous les avez vécus. Le courage que vous avez d’affronter l’ampleur de vos émotions, de vos envies et de vos intuitions. Le libre arbitre, n’est pas le choix de ce qui vous arrive. Le libre arbitre est le choix de comment vous allez vivre ce qui vous arrive (enfin, c'est ma définition du libre arbitre).


Posez-vous les bonnes questions… Comment voulez-vous expérimenter la vie ? Comment voulez-vous être là pour les autres ? Comment voulez-vous aimer les autres ? Comment voulez-vous, vous aimer ? Comment êtes-vous là pour vous-même ?


Comme disait Matisse : Creativity takes courage.


Je traduis cette phrase par : osez ressentir ce qui est inexplicable demande du courage.


Trouvez un témoin et soyez un témoin. Et je vous promets que ce monde deviendra plus doux et réconfortant à vivre.


Bon surf sur les vagues des émotions ! C’est très sexy ce petit déhanché sur votre planche. Ca vous va bien d'être émotif.


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Photos sur pexels dont homme qui pleurt de Photo sur pexels de Omar Alnahi

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